LABORATOIRE DES ARTS COGNITIFS [ L.A.C. ]

 

L’association L.A.C. est née en 1991, elle a pour objectif d’être un lieu de rencontre et de réflexion pluridisciplinaire entre des artistes et des chercheurs. Ces membres étudient les rapports existant entre l’art et de la science à travers les processus de connaissance. Le L.A.C. organise et produit des manifestations, des projets artistiques et publié des livres d’artistes. Notamment elle produit en 1992 le projet " Rencontre aux sommets des deux mondes ", expédition artistique dans les Alpes et dans les Andes.

Elle participe au Festival de la Science, de la Terre et des Hommes de Chamonix en 1993 et au Forum Science- Technique- Culture de Fontenay sous bois.

Elle publie le catalogue et le porte folio" Corpus transgenica " de Juan Le Parc en 1995.

Elle organise en 1997 avec l'association art et science de l'Institut Cochin de Génétique moléculaire la manifestation " les dérives imaginaires du corps ". Depuis 1997 elle s'occupe de la promotion de la Conspiration Public ainsi que des projets artistiques adaptés au Web.

 

ARTGENE

 

Les dérives imaginaires du corps.

 

En 1993, je reçus une proposition d’exposition à l’Institut Cochin de Génétique Moléculaire de Paris. Je proposai un travail qui avait pour objectif de faire réfléchir les chercheurs sur une démarche artistique explorant le domaine de la génétique et de définir les apports réciproques des deux disciplines.

 

La proposition tournait autour de l’idée de mystification scientifico-artistique. Ce travail évoquait la vie et l’ œuvre d’un mystérieux moine autrichien du dix-neuvième siècle, pionniers de la génétique. Ce moine visionnaire développa une série d’expérience sur le vivant en hybridant des végétaux, des animaux et des humains.

 

Après l’exposition, j’ai continué à fréquenter l’institut, surtout les conférences qui traitaient souvent de sujets avancés comme Casanova et les neurosciences de Jean-Didier Vincent ou la biologie dans le boudoir d’Alain Prochiantz.

 

Au cours de ces conférences Madame Russo Marie responsable de l’association " art et science " me proposa de présenter à nouveau un projet original.

 

J’avais déjà quelques idées qui avaient germé pendant la première expérience. Je savais que je ne voulais pas refaire une proposition individuelle mais plutôt proposer une œuvre relationnelle, où se développeraient des rencontres, des complicités entre des artistes motivés par le projet et les chercheurs intéressés par la démarche.

 

Cette pratique devait aboutir à l’organisation d’une manifestation intitulée " Les dérives imaginaires du corps " composé d’une exposition, d’une table ronde et d’une connexion internet avec d’autres artistes et chercheurs dans le monde partageant les mêmes préoccupations.

 

Ce genre de travail n’est pas neutre, il implique un degré de responsabilité éthique, de vigilance de la pensée et de sens critique. Les recherches en génétique moléculaire soulèvent d’innombrables problèmes. Notre premier travail consiste à affirmer une critique des dérives de ce genre de démarche. Notre travail ne peut pas servir de faire valoir ou d’illustration complaisante des processus scientifiques. Le problème des manipulations génétique fait réagir le corps social qui sécrète beaucoup de méfiance, de crainte, d’interrogation. Face à ce déficit d’images et à la situation confuse et tendue ressenti dans la société, nous pourrons non seulement exprimer ces inquiétudes mais aussi développer une vision prospective. Cette réflexion tentera de mettre en lumière les contradictions et les implications idéologiques qui s’expriment à travers le discours sur la biologie.

 

Avec le développement des technologies de l’image, artistes et scientifiques se retrouvent avec les mêmes outils pour réfléchir sur les nouveaux statuts du vivant en général et de l’être humain en particulier. Face à ces recherches sur le vivant et aux risques anthropologiques encourus, est-il souhaitable que les artistes collaborent avec les généticiens à la création artistique de nouvelles formes de vie?

 

Pourrait-on imaginer l’apparition de nouvelles professions telles que les bio-plasticiens ou les bio-designers, par exemple?

 

Quelles seraient les implications éthiques, juridiques, sociales, écologiques de ces nouvelles créations?

 

En tenant compte de ces problèmes ce travail est aussi un moyen de résister activement, de prendre part au débat d’idées, de contribuer à la prise de conscience, d’apporter des propositions, de susciter des polémiques et des interrogations.