ENCYCLOPEDIA CORPUS TRANSGENICA / 1993.

 

En 1993, je reçus une proposition d’exposition à l’Institut Cochin de Génétique Moléculaire de Paris. Je proposais un travail qui avait pour objectif de faire réfléchir les chercheurs sur une démarche artistique explorant le domaine de la génétique et de définir les apports réciproques des deux disciplines.

 

Le travail tournait autour de l’idée de mystification scientifico-artistique.

Il évoquait la vie et l’œuvre d’un mystérieux moine autrichien du dix-neuvième siècle du nom de Johann Gregor Delmen, pionniers de la génétique.

Ce moine visionnaire développa une série d’expériences de mutations transgéniques sur le vivant en hybridant des végétaux, des animaux et des humains.

Le but de son travail fut la création d’êtres quasi mythiques susceptibles d’engendrer tous les autres. Il développa une tératologie expérimentale sur l’embryon.

Ces expériences de mutations homéotiques lui permirent ainsi de transformer une partie du corps en une autre, les ailes peuvent pousser à la place des bras, des branchies à la place des poumons.

De fait, sa logique de création le conduisit à une esthétique de la monstruosité, qui tendait à pousser les formes au-delà de toute mesure. Il a cherché à expliquer l’infini en extorquant aux formes la logique des forces à l’œuvre.

Après une condamnation sans appel prononcé par l’autorité ecclésiastique, Il termina ses jours dans un monastère de réclusion ou il dessina une série de gravures regroupées sous le nom de " Corpus Transgenica " qui fut présenté à l’Institut.

 

Pendant cette expérience qui suscita beaucoup d’interrogations, je fus étonné de la réceptivité des chercheurs concernés par cette approche. Des conversations en découlèrent qui faisaient apparaître un intérêt, une curiosité, des points de vue.

 

Ce travail s’avéra passionnant et laissa présager d’autres projets.